En entretien de finance, on vous demandera presque toujours de comparer le DCF et le LBO model. Cette question est un classique parce qu'elle révèle si vous comprenez vraiment la logique derrière chaque outil de valorisation.
Le DCF : la valeur intrinsèque
Le principe
Le Discounted Cash Flow valorise une entreprise en actualisant ses flux de trésorerie futurs. C'est une méthode fondamentale qui répond à la question : "Combien vaut cette entreprise si je la garde indéfiniment ?"
Quand l'utiliser
- Valorisation d'une entreprise dans un contexte de conseil M&A
- Analyse fondamentale pour un investisseur long-terme
- Quand l'entreprise a des cash flows relativement prévisibles
- Pour construire un "football field" de valorisation avec d'autres méthodes
Les limites
Le DCF est très sensible aux hypothèses : le taux de croissance terminal et le WACC peuvent faire varier le résultat de manière significative. Une erreur de 0.5% sur le taux d'actualisation peut changer la valorisation de 15-20%.
Le LBO model : la capacité de paiement
Le principe
Le LBO model répond à une question différente : "Combien un fonds de PE peut-il payer pour cette entreprise tout en atteignant son rendement cible ?" Ce n'est pas une méthode de valorisation au sens strict, c'est un outil de décision d'investissement.
Quand l'utiliser
- Analyse d'une opportunité d'investissement en Private Equity
- Détermination du prix d'acquisition maximum
- Évaluation de la structure de financement optimale
- Test de sensibilité sur les rendements
Les limites
Le LBO model dépend de la structure de financement disponible et des conditions de marché de la dette. Un même actif peut être "payable" à 8x EBITDA dans un environnement de taux bas et seulement 6x quand les taux montent.
Les différences clés
L'optique
Le DCF adopte une perspective d'entreprise : il valorise les cash flows disponibles pour tous les apporteurs de capitaux. Le LBO adopte une perspective d'investisseur : il calcule le rendement sur les fonds propres investis.
Le traitement de la dette
Dans un DCF, la dette est soustraite à la fin pour passer de la valeur d'entreprise à la valeur des fonds propres. Dans un LBO, la dette est au coeur du modèle : c'est elle qui crée l'effet de levier et amplifie les rendements.
L'horizon temporel
Le DCF projette les cash flows sur un horizon long (souvent 10 ans + valeur terminale). Le LBO se concentre sur la période de détention du fonds, typiquement 4-6 ans.
La question piège en entretien
"Si le DCF donne une valorisation de 500M et le LBO model suggère un prix maximum de 400M, que recommandez-vous ?"
La bonne réponse : Le DCF indique la valeur théorique de l'entreprise. Le LBO indique le prix maximum qu'un fonds PE peut payer pour atteindre son rendement. Si l'écart est important, soit le DCF est trop optimiste dans ses hypothèses, soit l'entreprise n'est pas adaptée à un LBO, soit les conditions de financement ne sont pas favorables. Il faut challenger les hypothèses des deux modèles.
En résumé
Le DCF répond à "combien ça vaut ?", le LBO répond à "combien je peux payer ?". Les deux sont complémentaires et un bon analyste doit maîtriser les deux. En entretien, montrez que vous comprenez non seulement la mécanique de chaque modèle, mais surtout quand et pourquoi on les utilise.
